Qui n'aime pas le football, est le plus grand malheureux, non pas du monde, mais de l'Europe en tout cas, et de la Suisse encore plus. Pour ma part, je crois l'avoir déjà dit, mais au risque de me répéter, je confirme que le sport en question n'est pas ma tasse de thé. Mais je ne me sens pas malheureux pour autant dans cette époque où tout le monde a débrayé de ses préoccupations habituelles, pour se retourner vers le sacro-saint ballon rond, obsessionnel objet qui par sa forme des plus simplistes envoûte et retient l'attention de tout un peuple. Fini les problèmes quotidiens, factures, emmerdes, guerres, attentats et toutes les atrocités que cette terre porte depuis maintenant des décennies, les gens n'ont d'yeux que pour ce sport où avec toute simplicité, il faut mettre l'objet sphérique dans le filet du camp opposé. La Terre s'est arrêtée de tourner, le temps n'existe plus, pendant trois semaines c'est du côté de la Suisse que tous les yeux se tournent. Ce n'est pas un mal, pour une fois que l'on parle de nous, alors que depuis notre refus à la participation de l'Europe, notre pays a comme disparu de tous les sondages concernant le mode de vie des gens du vieux continent. Il ne reste dans la carte de l'Europe, qu'un trou béant rappelant la forme bien particulière de notre cher pays.
Alors, pour une fois que l'on parle de nous, profitons-en, et même si certains comme moi qui ne comprennent pas spécialement ce sport que tout le monde aime, se sentent un peu mis à l'écart, ont-ils la possibilité ultime de faire partie de la majorité, de se mettre dans le rang comme tout le monde, et d'essayer de comprendre l'engouement que l'on peut apporter à ce sport. Partant de ce principe, et voulant malgré tout profiter de cette liesse générale, car il est toujours plus agréable de faire partie de la fête plutôt que de bouder dans son coin, je me suis mis devant ma télévision pour suivre les matchs, pas tous, je l'avoue, mais au moins ceux où l'équipe à la croix blanche sur fond rouge oeuvre avec il faut l'avouer moins d'aisance que la plupart des équipes leaders du tournoi.
Puis lorsque la Suisse s'est inclinée, comme pour tous mes compatriotes, la tristesse s'est emparée de moi. La chose était tellement injuste, accueillir le tournoi pour en être éliminé dès le premier tour. Mais le sport reste une compétition où l'on ne dépend que de ses réelles capacités. Pour certains il y a le facteur chance qui y participe. En ce qui me concerne je n'y crois guère, et dire que l'on a pas eu de chance, c'est s'incliner davantage. Pour l'heure, il n'y a plus qu'à espérer que notre équipe fera mieux la prochaine fois, et profiter de cette fête qui malgré tout continue !