Ou “Réussir autrement ! (2ème partie)”. Alors que j’étais dans une thématique sur l’interrogation de savoir si à quarante ans j’ai réussi ma vie, ou si du moins je ne suis pas passé à côté de ma réussite, je me suis vu confronté à un autre aspect de ce que peut être une réussite avec le handicap. Voyages, sorties, voiture, mobilité des plus abouties, tout est bon pour se sentir vivant, pour surenchérir dans le but d’en faire le maximum, pour bouger le plus possible afin de se voiler la face devant la cruelle vérité du handicap et des limites dans le temps et de l’effort que peut engendrer mon handicap. Bouger, être occuper à cent pour cent, en faire chaque jour plus, pour ne pas penser, se fatiguer toute la journée pour ne pas rester éveiller une seule minute au moment de se mettre au lit, afin de s’endormir sans avoir eu le loisir de penser, de poser une réflexion sur sa journée ou sur sa vie. Raccourcir les nuits, pour que dans la journée, plane une fatigue latente, comme un voile flou, comme un smog qui m’empêcherait de voir la réalité de la vie, celle qui fait peut-être peur mais qui une fois accepter m’aiderait à avancer plus lentement, mais sûrement.
Qu’elle est la vraie réussite de la vie ? La question, je me la suis posé toute ma vie, je me la pose encore maintenant, et parfois même à quarante ans, je suis capable de tout remettre en question, changeant d’avis semaine après semaine. Alors que je me transposais dans une certaine réussite de vie, et cela par rapport aux voyages que j’ai accumulés durant ces presque vingt années, me persuadant que de voir du pays et d’accumuler les expériences de voyage, histoire d’en voir le plus possible dans ce monde qui s’offre à nous, j’ai pris conscience que la vraie réussite pouvait être ailleurs, et que l’on a pas tous la même opinion sur la question, car pour certains, il n’est nullement obligatoire de voyager et de se faire une overdose de découverte pour se donner une impression de réussite.
Il y a plus de vingt-trois ans, lorsque j’avais dix-sept ans, dépendant encore totalement de mes parents, je me suis vu dans l’obligation d’intégrer pour une semaine, une maison de vacances pour handicapés, afin que mes parents puissent partir se reposer un peu. La maison de vacances était tenue par un homme handicapé et sa femme valide, la petite entreprise avait financièrement du mal à tourner, mais étant épauler de toute leur famille, le jeune couple semblait malgré tout bien s’en sortir. Il y a quelques jours, j’ai du rendre visite à ce couple, pour une raison de partenariat dans le cadre d’une soirée de bienfaisance. A ma grande stupeur, j’ai pu remarquer que le couple était toujours uni, un peu vieillis, ayant accumulés les cheveux gris et quelques rides, comme moi aussi, même si j’ai le sentiment de ne pas avoir bouger, mais il est bien connu que l’on ne se voit pas vieillir. Le couple n’avait l’air pas plus aisé financièrement qu’il y a vingt-trois ans, mais semblait toujours heureux d’être ensemble et dans cette situation, au point, où je me suis surpris à les envier, à me dire que malgré mes voyages, cette voiture et cet appartement pour lesquels je me suis battu, je n’avais peut-être pas réussi ma vie comme je l’aurais espéré à cette époque, car à cette époque, je rêvais d’avoir la même vie que ce couple. Devant eux, je me suis senti bien seul, je me suis senti envieux de leur situation, de pouvoir partager cette réussite à deux, même si elle n’est pas aussi matériellement exaltante que la mienne, prenant conscient que ma propre réussite n’en est peut-être pas vraiment une, et qu’elle n’est qu’un palliatif à ma solitude !
Ce samedi, un lieu légendaire de ma région, dont je ne donnerai pas le nom, vient de fermer ses portes, au grand regret de la majorité des habitants du coin, car chacun aillant une fois dans sa vie dans le hasard d'une soirée, franchi les portes de ce lieu. "La" discothèque la plus branchée, celle qui marquait le terminal de toutes les sorties et de toutes nos soirées les plus folles. Cette discothèque qui a été de nombreuses fois imitée, mais qui n'a jamais réussi a être égalée, car l'ambiance si particulière qu'elle dégageait ne pouvait appartenir qu'à ce lieu et son architecture aux formes arrondies.