Pour la plupart des gens, le début de l'année, est synonyme de renouveau, comme une nouvelle vie que l'on recommencerait, sous de nouvelles bases, de ces résolutions que l'on se donne pour que la prochaine année soit une réussite. Pour d'autre par contre, c'est la fatalité qui frappe, sans aucune pudeur, sans aucune pitié, vous donnant à jamais l'envie de haïr les fêtes de fin d'année, parce qu'elles seront entachées par le deuil, auront-elles définitivement un arrière goût morbide.
Ce sera certainement le cas, pour mon ancienne accompagnatrice, celle dont j'ai déjà si souvent parlé sur ce blog, regrettant à de nombreuses reprises de ne plus pouvoir partir avec elle, et me réjouissant qu'elle soit restée une amie sincère dans mon coeur. Aujourd'hui je souffre de compassion pour elle, le sentiment, j'avoue que je l'ai rarement senti tout au long de ma vie. Peut-être suis-je trop froid face à la souffrance des gens, peut-être suis-je tout simplement nombrilisme, trop axé sur ma petite personne, ce blog en est certainement une preuve affligeante.
La jeune fille de vingt-sept ans vient de perdre son mari dans un accident de voiture, et cela le soir du trente-et-un décembre, à ce moment où tout le monde s'apprête à fête la nouvelle année, elle, revêtait son habit de deuil et s'apprêtait à vivre l'année la plus douloureuse de sa vie. Celle qui pour moi était la dernière à mérité pareil châtiment, s'est vue punie par cette douloureuse épreuve, alors qu'elle attend depuis quelques semaines, un enfant, fruit de cet amour qui aujourd'hui vient de se briser.
Ce lundi, alors que l'horloge de l'église indique quatorze heures, et que ses cloches sonnent solennellement le deuil, dans cette église bourrée à craquer, où il y a à peine quatre mois, elle avait scellé son mariage avec celui qui aujourd'hui se trouve dans ce cercueil. Elle se trouve à l'avant de l'église, derrière l'autel, à réciter un texte en la mémoire de son mari. J'admire son courage et en même temps, j'ai mal pour elle, voulant la prendre dans mes bras, croyant naïvement que cet unique geste servirait à la soulager.
Je pense aussi au mari défunt d'à peine trente-trois ans, trop jeune pour mourir. J'entends les mêmes éloges sur lui que celles que j'avais entendues lors de son vivant. A croire qu'il était un saint, il faisait le bien partout où il se trouvait. Je me dis alors que souvent ce sont les gens biens qui meurent le plus jeune, comme si il fallait faire son cota de bonnes choses avant de trépasser. Ne croyant pas spécialement au paradis, je me pense alors que peut-être, croyant vivre individuellement, nous vivons tous en osmose, et nous formons un tout que l'on appelle l'humanité, et une fois que nous avons oeuvré suffisamment pour la survie de l'humanité nous sommes voués tout simplement à disparaître !