L'aube se levait calmement, il faisait un temps magnifique, mais il fait toujours beau au dessus des nuages. J’avais le sentiment de toucher le paradis du bout des doigts, là dans le ciel j’étais plus proche de la sérénité, drôle de contraste après avoir vécu une semaine de stress dans le bruit incessant de cette grande métropole. J'étais dans l'avion qui me ramenait de New York, vidé d'une semaine de vacances dans cette ville magnifique mais si fatigante pour une personne de la campagne comme moi. Derrière mes yeux, plein d’images qui déjà faisaient partie du passé, essayant de les garder encore un peu, pour qu’elles ne s’éloignent pas de mon présent et qu’elles en fassent encore partie. Cette semaine avait été trop courte, alors que ça faisait des années que j’en rêvais et des mois que je l’attendais. Six mois de préparation et maintenant tout était fini. Comment allais-je vivre sans ce beau rêve en perspective ? Comment allais-je entrevoir un autre rêve aussi fabuleux que celui-là, afin qu’il puisse m’aider à avancer dans la vie et à trouver la force de toujours aimer cette vie ?
A mes côtés se trouvait mon accompagnatrice, elle était aussi fatiguée, plus que moi, car c’est elle qui avait marché des kilomètres durant cette semaine, et rien que pour cela, je lui en étais très reconnaissant. Cette accompagnatrice que je chérissais dans mon coeur, car sans sa présence, ce voyage n'aurait pas été aussi parfait. Je la laissais dormir et profitais encore un peu de sa compagnie apaisante. Ce sera dur de me retrouver tout seul après une semaine en compagnie d’une personne aussi sympathique me pensais-je. Satisfait de mon voyage, je ne m'autorisais aucun droit à la nostalgie, pour ne pas gâcher ces derniers instants. Il fallait que ces vacances restent positives, il fallait éviter que je ressente le moindre sentiment de tristesse. Tout devait être parfait jusqu’au bout, et je ne devais pas réagir comme si je ne reviendrais jamais à New York. Dans l'avion on nous servait le petit déjeuner (mon dernier repas américain, me pensais-je, étant donné que nous volions avec une compagnie américaine). Les écrans de l'avion indiquaient notre position, nous étions désormais entré en terre européenne, l'Amérique, n'était pour moi plus qu'un souvenir, bien que je puisse me vanter d’y avoir été, je ressentais déjà cette frustration de ne plus y être. J'avais le sentiment de ressortir d'un fabuleux rêve, une illusion, un moment d'éveil, j’avais ce sentiment que l’on a lorsque l’on se réveille d’un fabuleux rêve. Une semaine pour aller dans un endroit dont on a rêvé de si rendre toute sa vie, c'est vraiment trop court. Mais je me faisais violence, en refusant de me laisser aller à la nostalgie, car cela signifierait que je suis en train de baisser les bras, je voulais au contraire rester positif. J’avais désormais la preuve que dans la vie avec de la volonté beaucoup de choses sont possibles, ce voyage matérialisait cette idée, et c’était pour cela que je me donnais le droit de projeter de retourner à New York au plus vite. Même si j'avais mis presque vingt ans à y aller, et surtout à trouver le courage de m’y rendre. Ne dit-on pas que c'est la première fois la plus difficile ?