Le titre de cette note est provocateur pour tout écologiste qui le lira, mais il vient d'une réflexion que je me suis faite dimanche. Plus qu'une réflexion, une association d'idées serait plus adéquate pour définir cette affirmation un peu audacieuse, je l'avoue. Mais le dimanche, jour d'ennui pour le citoyen Suisse que je suis, habitant dans un endroit plus que rural qui rend les jours de semaine d'un ennui mortel, donc je ne vous fais pas un dessin en ce qui concerne le dimanche. Deux solutions s'offraient à moi, lors de ce dernier dimanche d'ennui, la première : aider mon père à finir la bouteille de rouge au repas de midi - prenant rituellement encore le repas du dimanche avec mes parents, célibat oblige - et cuver le breuvage toute l'après-midi devant l'émission dominicale de Michel Drucker (messe de toute bonne famille qui se respecte). La deuxième solution : m'abstenir de toute consommation d'alcool pour ce midi - dur, surtout le dimanche et que la bouteille renfermait un bourgogne de très bonne qualité - et profiter de mon après-midi pour me promener avec ma voiture et trouver un endroit ouvert ou se regrouperaient quelques indigènes comme moi, qui seraient en mal de compagnie. Malgré l'effort de ne pas goûter au bourgogne, j'ai préféré opter pour la deuxième solution, m'installant au volant de mon véhicule, je suis partie à la recherche d'un bar qui aurait eu la bonne idée d'ouvrir un dimanche après-midi.
La recherche n'a pas été très difficile, je me suis arrêté dans un bar du village d'à côté, j'ai garé ma voiture, et à l'aide de mon fauteuil roulant électrique, me suis dirigé vers la porte d'entrée de l'établissement, c'est beau l'autonomie, mais très destructeur pour la nature aussi, je l'avoue. Confortablement installé je dégustais mon café tout en philosophant sur l'utilité qu'a l'être humain pour cette bonne vieille terre. Alors que nous sommes dans une période dont l'état de notre planète est plus qu'angoissant, je me suis demandé ce qu'il restera de nous dans cent-mille ans. Pas grand chose, peut-être même rien du tout, peut-être moins encore que ce que les dinosaures nous ont légué.
Je me suis alors enfoncé dans l'idée suivante. C'est évident que nous sommes en train de détruire notre seul lieu de vie, mais il est probable que de tous ces excès la Terre s'en remettra, mais pas la vie qu'il y a dessus. Une fois que nous aurons tous détruit y compris nous et peut-être après un après big-bang qui aura duré plusieurs centaines de milliers d'années, la Terre reprendra certainement ses droits, remodelant d'une autre façon un nouveau système de vie, qui bien sûr ne sera plus compatible avec nous. Alors d'autres êtres apparaîtront et referont les mêmes erreurs que nous, ou seront-ils plus intelligents pour ne pas les faire. Et le pauvre être humain avec ses Dieux et ses convictions sera tombé dans le néant de l'oubli. Et si d'autres civilisations avaient vécu de façon beaucoup plus moderne que nous et s'étaient auto-détruites jusqu'à ne plus rien laisser de concret de leur passage ? A méditer !
