Cette note aurait aussi pu s'appeler : Être libre, c'est être seul ! Ce n'est pas être fataliste que de penser ainsi, mais j'ai pris conscience ces derniers temps, que l'on se sent souvent seul face à son destin, surtout quand celui-ci ne vous fait pas de cadeau et semble vous préparer un avenir pas très réjouissant. Même si votre entourage vous montre une certaine compassion avec ce qui vous arrive et met tout en oeuvre pour que vous ne vous sentiez pas seul, vous aurez toujours le sentiment d'être le seul à réellement comprendre ce qui vous arrive, et qu'à défaut de vous consoler, votre entourage ne fait que de se consoler lui-même.
Bien qu'il ne me soit rien arrivé de dramatique, heureusement, je me suis malgré tout retrouvé dans une situation qui m'a donné à réfléchir, lorsque pour des ennuis de santé, j'ai dû me rendre chez le médecin pour un contrôle complet de mon abdomen. Rien d'alarmant pour moi, juste mon hypocondrie qui a refait surface et cette crainte de me retrouver avec un cancer comme cela est arrivé à beaucoup de personnes de ma famille, pensant que la chose pouvait être héréditaire, et que mon heure était arrivée. Mon handicap est aussi une source d'angoisse pour moi, car je sais que si un jour je devais contracter une maladie grave, celui-ci atténuerait certainement mes chances de guérison. Le corps déformé, les poumons atrophiés, j'ai tout les inconvénients pour que la maladie gagne la partie, c'est pour cela que la moindre intervention chez le médecin, tourne à chaque fois au psychodrame. Pessimiste de nature, je suis constamment persuadé que le pire ne peut que m'arriver, comme si je ne méritais pas le meilleur.
Allant de scénario catastrophe en scénario catastrophe, je n'ai alors pas tardé à me retrouver dans la peau du mourant que j'ai crains toute ma vie de devenir. J'ai pu ainsi prendre conscience que l'on se sent bien seul face à un destin qui peut s'avérer tragique. Ma famille ayant conscience de mon handicap et de mes pronostics vitales en cas de complications, s'est alors portée à mon chevet pour me réconforter et me porter un soutien moral. Ce qui a fait effet contraire, leurs gestes protecteurs en me demandant régulièrement si j'allais bien, n'a fait qu'accroître mon angoisse, et m'a fait prendre conscience que le jour où je serai vraiment malade, je n'arriverai plus à entretenir une relation normale avec mon entourage, ce qui fera de ma vie un cauchemar bien réel. Mais pour ce qui est du présent, le cauchemar n'a fort heureusement pas duré longtemps, jusqu'au moment où l'on m'a confirmé que j'étais en bonne santé !
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