Une douleur tenace dans le bas du ventre, une urine rouge des plus agressives, ce que je redoutais le plus depuis une année a fini par arriver. Le calcul qui menace mon rein se rappelle à moi ce matin, alors que mes paupières ne sont pas encore complètement ouvertes, cette douleur qui peut ressembler à une douleur intestine n’en est pas une. Trop tenace, trop présente et trop constante, elle ne me présage rien de bon, tout au plus, elle me promet des moments intimes en sa compagnie, jusqu’au moment, voire jusqu’au jour où cette satanée pierre se décidera à quitter mon corps, et ceci dans un fracas énorme, car pour cela, elle devra me broyer à son rythme l’intérieur de mon appareil le plus intime.
La douleur sournoise s’est déjà manifestée auparavant, je m’en souviens maintenant, c’était à New York, lorsque j’avais pensé être en proie à une méchante sciatique, due à une mauvaise position sur mon fauteuil roulant et à une fatigue certaine de cette semaine de visite intensive. Je n’avais nullement pensé à cette satanée pierre, qui je le savais pourtant, menaçait mon bien être comme un nuage gris foncé dans un ciel bleu azure. Alors que j’avais pris certaines précautions, anti-douleurs, certificat de mon médecin au cas où je devrais me retrouver à l’hôpital. Mais comme si je ne voulais pas que cette pierre entache ma belle semaine de vacances à New York, semaine que j’avais attendue durant des mois, j’ai complètement évacué de mon esprit la possibilité qu’elle puisse venir se rappeler à moi, à cet instant précis, où justement elle aurait dû me faire vivre cette unique semaine de vacances dans la sérénité.
Lors de cette douleur intense que j’ai prise pour une sciatique, je me suis fait tous les diagnostics possibles, mais pas celui de la sournoise pierre qui ne s’est plus manifestée depuis des mois, me persuadant que le destin ne pouvait pas être aussi machiavélique. Naïvement j’ai pensé qu’elle resterait dans mon rein à vie, sans trop me gâcher l’existence. Maintenant je sais que ce ne sera jamais le cas, et que tant qu’elle ne s’évacuera pas, je ne serai pas vraiment tranquille. J’espère donc qu’elle fasse sa valise aussi vite que possible, que je puisse faire la mienne et repartir en voyage !