Liberté chérie que je tiens à conserver jusqu'à la fin de ma vie, m'échappe parfois, quand l'envie d'amour m'envahit et me rend esclave da la personne aimée. Plus qu'une devise, une obligation, il faut être et demeurer seul à tout prix, ne pas dépendre, car le handicap déjà provoque une grande dépendance. Je suis déstabilisé devant ma dépendance à l'autre, car j'ai besoin d'elle comme l'on peut avoir besoin de sa dose drogue. Elle est ma drogue, et lorsque je la rencontre je ressens l'apaisement de sa substance active, elle rentre dans mes vaines, envahit mon coeur, et me dope de cette joie jamais vraiment satisfaite. Son image inonde mes yeux, et m'aveugle de toute autre vue, sa voix remplit mes conduits auditifs, pour ne plus vouloir jamais rien entendre d'autre. Je suis l'esclave de mon sentiment, de cette personne qui de son côté continue à vivre sa vie sans se préoccuper de moi. Je suis esclave de mon coeur et privé de ma chère liberté, celle pour qui je me suis battu toute ma vie, car elle n'a jamais vraiment été compatible avec le handicap.
Ma vie n'est qu'ambiguité, je veux aimer et en même temps je ne veux pas dépendre. Je ne veux plus être seul, mais ma solitude est pour moi, l'assurance de mener une vie la plus stable possible avec le handicap. Je veux être heureux, mais je n'arrive pas à vraiment l'être en étant seul. Je suis en manque de compagnie, de l'autre, je suis la preuve vivante que l'homme n'est pas fait pour vivre seul. Je suis victime de mon handicap, de mon corps laid. Je souffre, car j'aime avec un handicap qui ne me le permet pas. Ma vie est un enfer comme une punition d'avoir certainement mal aimé lors d'une vie antérieure. Je ne ne suis plus cet homme handicapé et courageux que tout le monde voit en moi. Je ne suis plus libre de mes mouvements, je n'ai plus le sentiment de vivre ma propre vie. Je suis l'homme le plus malheureux de la Terre. Je suis amoureux !
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