Lorsque l'on est soumis à une injustice à laquelle on ne peut s'opposer, et cela, parce que l'on a pas le pouvoir suprême, ou tout simplement l'argent qui vous rend ce pouvoir, une question vous vient à l'esprit. Face à cette réalité aussi cruelle soit-elle, dois-je ressentir de l'amertume ou de la tristesse ? L'amertume est destructrice, sournoise, elle ne fait que de vous rendre plus mauvais, elle ne sert à rien, si ce n'est de vouer une haine sans limite à l'auteur de vos désagréments. La tristesse n'est pas plus positive, mais je pense qu'elle n'est pas destructrice, elle vous aide au contraire à faire l'état des lieux dans un domaine précis de votre vie, pour pouvoir au final vous reconstruire.
Je crois qu'en ce moment, c'est la tristesse qui vient de prendre l'avantage en ce qui me concerne. Je suis triste de constater comme l'argent et la soif qu'il engendre, même dans le monde du handicap peut enlaidir et détruire les plus belles des situations, les plus beaux des projets.
J'avais un projet, celui d'équiper ma voiture d'un système révolutionnaire pour la conduire, afin de remplacer le système actuel qui est quelque peu déficient et qui est pour moi assez difficile à maîtriser. Après deux ans de dur combat, j'ai trouvé le financement pour concrétiser ce projet. Mais j'ai constaté que l'on essayait toujours de me décourager, pour des raisons que j'ignore, mais que je pense deviner sans être paranoïaque. Je constate que même handicapés nous ne sommes pas tous égaux dans un pays aussi démocrate que le nôtre. Je constate que dans ce cas précis, il vaut mieux se retrouver handicapé après un accident plutôt qu'à la naissance. Le système en question serait réservé à une certaine catégorie de personnes handicapées, et on fera tout pour me le faire comprendre, même le constructeur qui est sensé être le premier bénéficiaire trouvera tous les moyens pour me dissuader.
La motivation personnelle à ses limites, et parfois il ne suffit pas de croire à un projet pour qu'il se réalise, il faut aussi avoir les bonnes armes et pouvoir faire face à cette machinerie de l'état qui aura décidée, et cela avant même de prendre la peine d'étudier votre cas, de votre chance à bénéficier d'une nouvelle technologie ou non. Une sorte de déviance de la démocratie !