Je pense que j’ai atteint le point de non retour. La panne de trop, celle que je redoutais, celle qui a mis ma vie en danger et qui a réussi à me faire douter de l’aspect positif d’avoir une voiture pour une personne handicapée comme moi. Hier, alors que je roulais sur une route limitée à quatre-vingt kilomètres heure, les gaz de ma voiture n’ont soudain plus répondu. Etant sur une route droite, délimitée par des barrière, je n’ai eu le choix que de ralentir, et de poursuivre ma route au ralenti jusqu’à la fin de celle-ci, mettant la vie des autres automobilistes ainsi que la mienne en danger. Après avoir réussi à sortir de la route et à m’écarter de tout danger, je me suis posé la véritable question, à savoir si cette voiture est un bien ou un mal en ce qui me concerne. J’avais déjà longuement pensé à la chose, mais du point de vue uniquement moral, les nombreuses pannes de celle-ci m’entraînant à la longue, dans un état dépressif, parce que chez moi, elles engendraient plus que ce qu’elles peuvent représenter pour un valide - de simples pannes - qui lui peut toujours se procurer une autre voiture, ou au pire, en louer une. Pour ma part, c’est chaque fois tout mon quotidien qui se paralyse, devant remettre ma vie entre parenthèse d’une minute à l’autre, ce qui à la longue m’a poussé à refuser certains rendez-vous, de peur que ma voiture tombe en panne et que je ne puisse les honorer.
J’avoue que je suis un peu fatigué de la situation, écoeuré de voir comme certaines personnes peu scrupuleuses, peuvent se mettre un maximum d’argent dans la poche au profit d’une personne handicapée dont le projet d’avoir un jour une voiture et toute l’indépendance qu’elle lui offrira représente le rêve de sa vie. Tous ce que j’avais prévu d’entreprendre avec cette voiture, je n’en ai pas fait le dixième, parce que la fiabilité de celle-ci ne m’en a pas laissé la possibilité. Je me souviens, il y a presque cinq ans de cela, le jour où je me suis arrêté à la carrosserie et que j’ai demandé au patron s’il connaissait un système pour que je puisse conduire une voiture. Je me souviens de ce jour plein d’enthousiasme et d’espoir, un jour qui aurait dû être le départ d’une nouvelle vie pour moi, et qui au final s’est avéré le début d’un véritable cauchemar au quotidien. Ce jour qui aujourd’hui malheureusement m'emplit de regrets, et me fait regretter de l’avoir vécu.
La réflexion semble aussi cruciale, il est évident que moralement je ne tiendrai plus longtemps à ce rythme et qu’il faudra que tout cela cesse un jour, sinon, je le paierai de ma santé morale, ou pire encore de ma personne, étant donné que la fiabilité de ce système laisse apparaître beaucoup de zones d’ombre. Je suis alors pris en otage par une décision qui se doit d’être réfléchie pour que ma vie puisse se poursuivre dans une sérénité à laquelle je suis en droit de revendiquer. Plus le temps passe et plus je pense que cette voiture n’est pas franchement une bonne chose dans ma vie et que je vivrais beaucoup mieux sans, même si je devrais restreindre mon champs d’action aux limites du village. Parce que peut-être nos vies nous imposent certaines lois qu’il ne faut pas transgresser !
Je ne sais quoi dire. Dire que la technologie est arrivée à des sommets, mais que de simples choses (à priori) comme celle-ci, restent encore à l'âge des pierres ! C'est triste. Et je ne peux te lâcher qu'un mièvre "courage". Je m'en excuse même !
Rédigé par: Onassis | 23 octobre 2009 à 16:51
Mitch,
Ne vous laissez pas aller.
Rédigé par: Florentine | 25 octobre 2009 à 13:22