Quoi de plus terrible dans le domaine de l’amitié que l’indifférence de l’autre ? L’indifférence de cette personne que l’on a aimé comme une personne de la famille, qui faisait partie de notre décore de tous les jours comme un élément vital à notre existence, avec cette fierté d’entretenir une telle relation, parce que nous l’avons cru plus solide qu’une relation d’amour, parce que nous l’avons construit sans personne pour nous aider, une complicité que tout le monde nous enviait et qui n’appartenait qu’à nous deux, portant notre marque personnelle et devenant à nos yeux exceptionnelle. Heureux d’accueillir cette personne dans notre vie, heureux qu’elle existe et que par sa présence elle nous rende fort voire inébranlable, nous donnant le sentiment d’être aimé et compris, que notre vie devient intéressante pour quelqu’un, et que nous ne serons jamais seul quoiqu’il arrive. A l’époque, je me pensais que même si en amour je n’avais jamais été heureux, je l’aurais été au moins en amitié, parce que cette amitié semblait immortelle, et moi je croyais fermement qu’un sentiment si beau entre elle et moi ne s’éteindrait jamais. Elle me donnait la force d’avancer dans le vie, elle me prouvait enfin que le handicap pour certains sentiments n’était pas une barrière, elle me donnait fois en la vie. Notre amitié était devenue pour moi, ma raison d’être, me sentant utile à quelqu’un, Elle remplaçait la famille que mon handicap m’empêchait de fonder. Elle était la seule que j’écoutais avec tout mon coeur, elle était celle que je tolérais le plus dans ma vie.
Puis j’ai perdu, bêtement, pour un désaccord qui ne nous concernait même pas directement, qui concernait des gens de notre entourage, de notre famille. Moi j’ai défendu ma famille, elle celui qu’elle aimait. Je n’en dirai pas plus, pour l’anonymat de l’histoire. Mais tout c’est dérouler si vite, dans une incompréhension telle, que la haine à remplacer le beau sentiment d’amitié. L’histoire date aujourd’hui de deux ans, une éternité mais il me semble que c’était hier. Je n’aurais jamais cru pouvoir passer deux ans sans lui parler, sans avoir de ses nouvelles, sans lui confier mes joies et mes peines. Alors que nous habitons à quelques kilomètres l’un de l’autre, nous vivons désormais comme des étrangers, comme si nous nous connaissions pas, comme si nous nous étions jamais connus.
La région est rurale, donc faiblement peuplée, ce qui signifie que le hasard nous amène parfois à nous croiser. Alors, les regards se détournent, par peur de la réaction de l’autre, en ce qui me concerne, c’est certain. Pour elle je ne sais pas, peut-être qu’elle ne désire réellement plus me parler. Si c’est le cas, alors je me suis trompé dès le début, notre amitié n’avait été qu’une erreur de parcours dans nos deux vies. Pour ma part, je suis malgré tout heureux d’avoir partagé ces moments avec elle, même si je suis pratiquement certain que l’on ne peut faire marche arrière, le passé doit resté à sa place. Je l’ai vu samedi passé, je n’ai pas osé l’aborder. Je n’ai étonnement rien ressenti, ni joie, ni peine, juste cette sensation bizarre de me trouver dans un autre monde, un monde où nous serions été des étrangers l’un pour l’autre. Alors, avec fatalisme j’en déduit que c’était peut-être mieux ainsi, qu’il faut parfois accepter de perdre pour sa propre évolution, et que dans la vie le bonheur ne peut dépendre que de soi-même !
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