La concrétisation de mon rêve de visiter New York se précise de semaine en semaine, tous les éléments se mettent en place, pour la moment, dans une harmonie sans faille, comme si cette instant de ma vie était idéal pour mettre en oeuvre cette aventure. Cette semaine j'ai poser la première pierre d’un chantier projeté depuis bien des décennies déjà, ayant pris le temps de l’étudié sous toutes ses coutures, de peser le pour et le contre, parce que partir si loin lorsque l’on a un handicap n’est pas une chose aussi simple que lorsqu’on est valide. J’ai envisagé ce voyage de si nombreuses fois, qu’à de nombreuses reprises j’ai cru pouvoir le réaliser dans l'année, et que toujours, un détail qui avait malgré tout son importance, venait gripper la machine, et me forçait à remettre mon projet à plus tard. Certaines fois, je passais à autre chose, revenant à de plus modestes projets, j’envisageais la possibilité que peut-être, je n’étais pas fait pour ce genre de voyage. Et puis, un reportage vu à la télévision ou un récit d’un ami qui s’y était rendu, me redonnais l’envie d’y croire, d’espérer, mais comme sur une montagne russe, parce que peut-être je n’avais pas la bonne accompagnatrice sous la main, l’engouement redescendait, pour me faire momentanément oublier ce beau rêve. Alors que j’étais dans une période où j'avais presque cessé d'y croire, aujourd'hui, comme soumis à un électrochoc, je me retrouve devant le fait accompli, cette fois-ci ce n’est plus de la spéculation, je viens de recevoir par courrier recommandé, mon passeport biomètrique, le sésame qui me servira à faire rouler mon fauteuil sur le sol américain, pour enfin voir de mes propres yeux, cette ville mythique que l’on appelle New York. Rien que le fait de prononcer ces deux syllabes me paraît irréel et tellement énorme pour la petite personne que je suis. Si énorme que j'en ai presque peur de réaliser ce projet, car cultivant mon côté superstitieux, j’ai un peu peur à la pensée que parfois, il vaut mieux que certains rêves ne se réalisent pas, doivent-ils garder pour l'éternité cette part de magie, car le rêve est aussi le sel de l'existence.
Alors, dans cette logique qui prétend que l'être humain n'est jamais satisfait de ce qu'il a, je commence à me poser mille questions au sujet de ce nouveau et futur voyage. Vais-je l'apprécier à sa juste valeur ? N'ai-je pas fait l'erreur de trop le rêver, ce qui risque de provoquer une déception chez moi ? L'image que je me suis fait de ce voyage est certainement différente de ce qu'il sera en réalité, et j'ai parfois peur que mes attentes aient été trop ambitieuses. La Grande Pomme n'est-elle pas pour moi, le fruit défendu dans lequel je devrais éviter de croquer ?
Après réflexions, j'ai le sentiment que mon éducation catholique freine mon ardeur et ne fait que de me culpabiliser d'oser être heureux, alors que je devrais prendre les plaisirs de la vie comme des cadeaux. Je devrais arrêter de penser qu'un jour tout doit se payer - comme lorsque j’étais enfant et que mon squelette était tellement faible qu’à chaque moment d’euphorie, je réussissais à me faire mal - et me dire que ce bonheur je l'ai mérité, et que dans cette pomme-là j'ai aussi le droit d'y croquer à pleine dent !
Mitch,
Vous êtes un battant, croquez la vie à pleines dents.
Rédigé par: Florentine V | 14 mai 2009 à 11:59