04 juillet 2009

J'ai mal, donc j'existe !

04.07.09 Handicap La douleur est une preuve de vie. Réflexion que je me suis faite cette semaine, lorsque je me suis rendu dans un centre hospitalier pour paraplégiques et tétraplégiques. Je n’y suis pas allé pour moi, bien qu’étant handicapé mais non paraplégique, je n’y suis pas allé pour rendre visite à un ami non plus. Je me suis trouvé là par un concourt de circonstances, alors que ma voiture avait besoin d’une réparation et que le garage spécialisé dans les transformations pour la conduite avec un handicap se trouve à proximité de l’hôpital en question, l’un dépendant étroitement de l’autre, et ceci réciproquement. Etant donné que la réparation allait prendre un certain temps, et que dans le coin, à part le centre hospitalier, il n’y avait pas grand chose, je me suis dirigé dans la cafétéria de celui-ci, histoire de me remettre du voyage, de me désaltérer et de penser à autre chose.
J’ai alors plongé en apnée dans un monde différent du mien, bien que vivant moi aussi dans un fauteuil roulant, j’avais ceci de différent avec ces gens qui m’entouraient et qui étaient tous aussi assis que moi dans leur fauteuil roulant, d’être né avec le handicap, d’être né avec la douleur, de la ressentir au quotidien, et de n’avoir jamais connu d’autre état que celui que je vis à l’instant. Je peux même me réjouir de n’avoir pas connu mieux auparavant, car ce que j’ai vécu dans mon passé, au niveau de mon handicap et de ma douleur physique peut être qualifié de pire, ayant subi les pires douleurs durant mon enfance, et par la même occasion, la plus plus grande frustration au niveau de mon indépendance. Les gens qui m’entouraient, ce mercredi après-midi - alors que presque toutes ces personnes vivaient avant dans une normalité réconfortante, celle de la personne valide - se sont retrouvés dans mon monde en une fraction de seconde, suite à un accident des plus banals dont le diagnostique n’avait eu aucune pitié. Alors que la pitié ne pouvait m’envahir, pour la simple raison, que je savais que l’on peut se relever de tous les désastres, et que l’être humain à une capacité d’adaptation que l’on ne peut soupçonner. Et puis, malgré leur paralysie, eux gardaient, contrairement à moi, un corps d’une taille raisonnable, cette taille qui immanquablement les rendra plus valide que je ne le serai jamais.
J’ai alors pensé à la douleur, à cette sensation physique qui fait que j’existe, qui concrétise mon handicap et qui me donne une raison de le combattre, de le surpasser, d’en faire ma bataille, sans avoir le temps de m’adonner à la déprime et de me plaindre du sort que l’on m’a jeté dès la naissance. La personne paralysée est confrontée à bons nombres d’inconvénients, qui font de son incapacité de marcher, la partie immergée de l’iceberg, je le sais parce que j’ai des amis qui eux aussi sont paralysés. Mais je pense, le plus terrible pour eux, c’est cette sensation qu’il n’ont plus dans les membres inférieurs et pour les moins chanceux, une partie du tronc ainsi que les membres supérieurs. Je me suis alors fait la réflexion, que d’avoir mal était certainement plus humain que de ne rien sentir, car le fait d’être paralyser à moitié, peut se traduire en une agonie qui aurait à moitié grignoter votre corps. Devant cette état de fait, la douleur physique me paraît presque supportable, devient-elle d’un réconfort troublant !

28 juin 2009

La patience du handicap !

28.06.09 Patience Pour vivre son handicap physique avec le moins de frustration possible, il faut s’armer de patience. La patience est la philosophie de la personne handicapée, son art de vivre, sa spécialité, sans devenir une humiliation, car si l’on doit s’armer de patience, c’est souvent parce que l’on a besoin de l’autre qui, volontairement ou pas, engendrera de la frustration chez la personne qui pour ne pas trop dépendre, fera de sa patience, une de ses meilleures qualités, voire sa plus grande fierté. Parfois, lorsque je regarde en arrière, j’ai le sentiment que la patience a orchestré ma vie depuis tout jeune, comme une marque de fabrique, à elle seule, elle a dès le début symbolisé mon état de personne handicapée à vie.
Déjà condamné à la différence, j’étais en plus condamné à attendre, à patienter de toutes les façons, dans les situations les plus anodines ou les projets les plus ambitieux. Pour un verre d’eau, un morceau de chocolat, un peu d’ombre, une meilleure vue, lorsque je n’étais pas encore équipé de mon fauteuil roulant, et que je désirais me décaler d’une dizaine de centimètres pour mieux apprécier l’instant présent. Alors, je me demandais, si la demande en valait bien la peine, s’il était utile de déranger un valide, pour que je puisse bénéficier d’une meilleure vue, pour que je puisse me désaltérer un peu, d’ailleurs j’en venais à me demander si cette prétendue soif n’était pas un bête caprice. Et si ce morceau de chocolat qui aurait adouci mon palais, n’était autre que de la simple gourmandise dont je pouvais me passer en me montrant un peu plus raisonnable.
Puis il y a cette patience que l’on pourrait qualifier de long terme. Celle inhérent à un projet qui prendrait des années, alors que pour une personne valide, elle pourrait prendre à peine quelques mois. La patience de conduire ma propre voiture. Tout avait débuté par un rêve, un rêve qui s’était prolongé sur presque dix ans, au point où j’avais fini par le penser irréalisable. Puis une fois le projet emmanché, j’avais mis des mois à ne plus le considérer comme un rêve irréalisable. Alors que tout le monde y croyait, pour ma part je ne pouvais encore y croire. Une fois cette étape passée, j’avais alors mis toute mon énergie à concrétiser ce rêve, que désormais je refusais d’envisager comme tel. Mon projet était celui de ma vie, et dans ma tête il devait se réaliser demain, et non dans une année ou deux ans. La patience, je savais qu’elle était ma meilleure arme pour arriver au terme de ce projet, et j’en avais fait preuve, sans relâche, sans me donner l’autorisation d’en manquer et de finir par baisser les bras. Trois ans plus tard, cette patience avait porté ses fruits, je me retrouvais au volant de ma propre voiture, avec dans la poche un permis de conduire qui attestait de ma capacité à rouler sur les mêmes routes que mon contemporain valide. Le rêve était sorti de terre, et s’était transformé en réalité, comme une plante que j’aurais arrosée d’une bonne dose de patience. Ce qui me prouvait que cette patience si frustrante, pouvait être récompensée. Et l’amour dans tout ça ? J’ai bien peur qu’il soit la preuve ultime que la patience n’est pas une solution à tous les manques !

19 juin 2009

La relativité du handicap !

19.06.09 Liberté Peut-on avoir de la chance dans sa malchance ? Y-a-t-il plusieurs degrés de malchance, au point où certains baignant dans leur malchance peuvent se sentir incroyablement chanceux face à d’autres, qui seraient en proie à une malchance encore plus profonde ? J’ai bien peur que oui, et je suis même persuadé que c’est cette malchance encore plus profonde de l’autre qui nous aide à survivre dans notre propre malchance, considérant celle-ci presque comme de la chance, enfin comme une sorte de clémence du destin, clémence par laquelle nous ne pourrions être considérés comme de vrais malchanceux, parce qu’elle nous rapprocherait du monde privilégier du chanceux. C’est alors que nous pourrions ressentir une certaine pitié pour ceux qui ont moins de chance que nous, tout en étant soulagés de ne pas faire partie de ce monde-là.
La pitié, on ne peut pas dire que j’ai ressenti cela l’autre jour, lorsque je me suis justement fait la réflexion sur cette malchance qui n’est pas équitable. C’était plutôt de l’humilité, voire de la honte. Oui, moi, assis dans mon fauteuil roulant, le corps meurtri et décidément différent de celui de mon voisin, j’ai ressenti une certaine honte face à mon destin qui dans mes moments de déprimes, de difficultés, dans ces moments où je devais me battre davantage que mon voisin valide pour obtenir le dix pour cent de ce qu’il bénéficiait, je me suis plongé dans ce sentiment si égoïste qu’est celui de penser que l’on est soumis à une injustice indescriptible lorsque l’on compare sa vie à celle de ses contemporains. Oui, parfois j’ai la haine face à ce monde qui n’est fait que pour le valide, j’ai la haine de devoir me battre pour au final ne pas y arriver, j’ai la haine de constater que je ne pourrai pas profiter de toutes les choses anodines dont le valide bénéficie, réussite professionnelle, amour, fonder ma propre famille, me faire aimer malgré le handicap, espérer pouvoir vivre jusqu’à un âge raisonnable.
Puis l’autre jour, lorsque j’attendais mon tour à la caisse du supermarché, et que j’ai vu, sortant de l'ascenseur qui était en face des caisses, deux personnes handicapées, se faire pousser par deux accompagnants. Le corps atrophié par un évident manque de mouvement, paralysé et attaché, ces deux personnes handicapées devaient à l’évidence être totalement dépendant des personnes qui les accompagnaient. Elles devaient avoir mon âge, et ne semblaient pouvoir s’exprimer par la parole. C’est alors que je n’ai plus ressenti de haine pour ma vie, mais pour la leur, pensant qu’ils n’arriveraient jamais à vivre tout ce que moi j’aie pu vivre. Je me suis alors senti honteux de parfois me plaindre sur mon sort, parce que même si je suis dans ce fauteuil roulant avec tous les inconvénients que cela comporte, j’arrive malgré tout à  vivre du mieux que je le peux. Je vais en vacances, j’ai des amis, je roule en voiture et je peux venir faire mes achats comme une personne valide dans ce magasin, et cela, quand je le désire. J’ai alors pensé, qu’en me regardant ces personnes-là devaient m’envier, et par cette pensée, j’en suis venu à remercier la vie, que mon handicap ait malgré tout épargné un peu de ma liberté !

12 juin 2009

La femme de mes nuits !

12.06.09 Etreinte La nuit dernière, j’avais rêvé à cette femme idéale, celle qui rassemblerait toutes les qualités autant physiques, mais surtout spirituelles pour que mon coeur puisse s’abandonner à une passion sans limite pour elle. Physiquement, elle ressemblait à un savant mélange de toutes les filles qui depuis mon adolescence ont fait battre mon coeur. Elle était noiraude, c’était inévitable, une tête un peu ronde, un visage doux, une tendresse non pas de jeune fille, mais d’une femme de mon âge. Elle avait l’expérience du vécu, ça se devinait, ça se lisait dans ses yeux, sa vie était un livre ouvert. Avec moi, elle démarrait une seconde vie, plus réfléchie, nourrit des échecs et des réussites du passé. Moi aussi, je me nourrissais de mon passé qui sur le plan amoureux avait été plus négatif que positif. Alors, contrairement à la femme idéale du rêve, je ne démarrais pas une seconde vie, mais je démarrais ma première vie amoureuse, achevant cette vie d’avant qui n’avait été peuplée que de défaites. La femme ne disait rien, elle me promettait l’amour, une infinie tendresse, sans me promettre un le comte de fée, juste de la tendresse, celle que malgré le handicap je pouvais lui redonner, une tendresse qui était dans mes cordes. Dans le rêve, j’étais bien, enfin j’avais trouvé ce qui me convenais, et au réveille, j’ai eu le sentiment d’avoir trouvé la solution d’un problème qui m’avait été posé depuis l’âge de mon adolescence. Je savais enfin dans quelle direction aller chercher cet amour dont le rêve m’assurait qu’il n’était pas encore trop tard pour parvenir jusqu’à lui.
Cette nuit, j’ai rêvé que je nageais dans une mer limpide et en toute simplicité. Alors que je suis handicapé, et que le peu de force dont je suis doté ne suffit pas à me faire flotter. Le rêve était étrange, tellement satisfaisant, tellement normal qu’au réveil, si j’avais eu une piscine près de moi, je n’aurais pas hésiter à me jeter dedans, persuadé que je savais réellement nager. Mais, même si le réveil ne s’est pas fait au bord de l’eau, il a malgré tout été peu conventionnel pour moi, dont le quotidien manque cruellement de diversité. Je me suis réveillé à l’hôtel, non pas dans un lieu de vacances quelconque, mais à quatre kilomètres à peine de chez moi. Nu dans des draps qui n’étaient pas les miens, j’avais à mes côtés une femme aussi vêtue que moi. Elle respirait profondément dans un sommeil pour lequel elle m’offrait toute sa confiance. Sans entrer dans les détails, j’avoue que nous avions partagé des moments d’extrême tendresse, et que même si la femme ne m’avait jamais promis une vie à deux, à chacune de nos nuits, elle me promettait toute la tendresse qui tout au long de l’année me manquait. Je sais que cette femme du même âge que le mien, fait cela aussi pour l’argent que je lui donne, et je n’ai pas honte d’avoir recours à ce genre de pratique. La vie d’une personne handicapée est parfois ainsi faite, de sentiments artificiels, qui n’est autre qu’une simple prothèse de l’amour. J’ai alors constaté que même si malheureusement je n’aurai jamais connu la femme de ma vie, celle qui était ce soir-là dans mon lit, n’était autre que la femme de mes nuits !

05 juin 2009

Le vol A H1N1 ne répond plus !

05.06.09 747 Virus d’une grippe mutante, catastrophe aérienne au beau milieu de l'Atlantique, problèmes de papiers, tout porte à croire que mon voyages aux USA prend l’eau. J’avoue qu’en ce début juin, je suis en proie à un découragement certain, forcé de constater que le handicap ne suffit pas à me compliquer la vie, et qu’il faut jongler avec de nombreux détails extérieurs, qui si le monde était concentrer sur mon unique personnage, pourrait se traduire en une manoeuvre qui ne servirait qu’à me décourager d’entreprendre mon voyage à New York. Le rêve prend des allures de cauchemars, me laisse-t-il un goût amer au fond de la gorge, comme si un rêve ne pouvait être comestible une fois transformé en réalité.
Pourquoi lorsqu’une situation parait simple, il faut qu’elle se complique au fil des mois ? Après des mois de problèmes liés à ma voiture, alors que je pourrais enfin respirer et profiter pleinement de la vie, voilà que maintenant d’autre soucis viennent se mettre en travers de ma route, comme s’il fallait qu’une situation se complique à un tel point que l’on arrive plus à se rappeler l’excitation qui nous avait jadis poussé à mettre tout en oeuvre pour réaliser se rêve, au point où l’on perd toute réjouissance liée à celui-ci. Comme s’il fallait à tout prix souffrir pour réaliser un projet, pour qu’au final, on puisse l’apprécier à sa juste valeur. Je pense ainsi, parce que souvent ça été le cas dans ma vie, et souvent dans l’organisation d’un voyage ou de vacances, parce que partir en étant valide ce n’est déjà pas simple, suffit alors d’y rajouter un handicap pour que tout se complique. Bien que l’organisation scabreuse de certaines vacances, m’avait poussé au delà du désespoir, le résultat n’en avait pas forcément été de concert, ayant avec étonnement, constaté que les vacances, en ce qui concerne leur lot de satisfaction, avaient dépassé toutes mes espérances. Peut-être dois-je en déduire que l’être humain est ainsi fait, ayant le devoir de souffrir sa dose, pour plus tard apprécier sans aucune culpabilité. Et lorsque l’on souffre d’une différence, d’un handicap, bref d’une complication, la désenchantement n’a d’autre choix que de s’y aligner.
En ce qui me concerne, les complications liés à ce voyage, n’ont pas de lien direct avec le handicap, sauf peut-être une contamination de la grippe, qui s'alliant au handicap ne peut m’être que fatal. Toutes ces contrariétés viennent de l’extérieur, embrouiller mon plaisir et ma sérénité, et cela, parce que tout simplement, je suis une personne d’une sensibilité extrême, qui n’attend que la moindre contrariété pour être totalement déboussolé. Je décide donc, du moins pour la période d’un week end, de me ficher de tout, en me disant que rien n’est grave, sauf la mort, et que si l’une de ces contrariétés devait avoir raison de mon voyage, elle collaborerait à la survie de mon rêve en reportant sa réalisation, bien qu’à force d’être reporté, le rêve prendrait des allures d’utopie !

29 mai 2009

L'amitié, une valeur aléatoire !

29.05.09 Chats Quoi de plus terrible dans le domaine de l’amitié que l’indifférence de l’autre ? L’indifférence de cette personne que l’on a aimé comme une personne de la famille, qui faisait partie de notre décore de tous les jours comme un élément vital à notre existence, avec cette fierté d’entretenir une telle relation, parce que nous l’avons cru plus solide qu’une relation d’amour, parce que nous l’avons construit sans personne pour nous aider, une complicité que tout le monde nous enviait et qui n’appartenait qu’à nous deux, portant notre marque personnelle et devenant à nos yeux exceptionnelle. Heureux d’accueillir cette personne dans notre vie, heureux qu’elle existe et que par sa présence elle nous rende fort voire inébranlable, nous donnant le sentiment d’être aimé et compris, que notre vie devient intéressante pour quelqu’un, et que nous ne serons jamais seul quoiqu’il arrive. A l’époque, je me pensais que même si en amour je n’avais jamais été heureux, je l’aurais été au moins en amitié, parce que cette amitié semblait immortelle, et moi je croyais fermement qu’un sentiment si beau entre elle et moi ne s’éteindrait jamais. Elle me donnait la force d’avancer dans le vie, elle me prouvait enfin que le handicap pour certains sentiments n’était pas une barrière, elle me donnait fois en la vie. Notre amitié était devenue pour moi, ma raison d’être, me sentant utile à quelqu’un, Elle remplaçait la famille que mon handicap m’empêchait de fonder. Elle était la seule que j’écoutais avec tout mon coeur, elle était celle que je tolérais le plus dans ma vie.
Puis j’ai perdu, bêtement, pour un désaccord qui ne nous concernait même pas directement, qui concernait des gens de notre entourage, de notre famille. Moi j’ai défendu ma famille, elle celui qu’elle aimait. Je n’en dirai pas plus, pour l’anonymat de l’histoire. Mais tout c’est dérouler si vite, dans une incompréhension telle, que la haine à remplacer le beau sentiment d’amitié. L’histoire date aujourd’hui de deux ans, une éternité mais il me semble que c’était hier. Je n’aurais jamais cru pouvoir passer deux ans sans lui parler, sans avoir de ses nouvelles, sans lui confier mes joies et mes peines. Alors que nous habitons à quelques kilomètres l’un de l’autre, nous vivons désormais comme des étrangers, comme si nous nous connaissions pas, comme si nous nous étions jamais connus.
La région est rurale, donc faiblement peuplée, ce qui signifie que le hasard nous amène parfois à nous croiser. Alors, les regards se détournent, par peur de la réaction de l’autre, en ce qui me concerne, c’est certain. Pour elle je ne sais pas, peut-être qu’elle ne désire réellement plus me parler. Si c’est le cas, alors je me suis trompé dès le début, notre amitié n’avait été qu’une erreur de parcours dans nos deux vies. Pour ma part, je suis malgré tout heureux d’avoir partagé ces moments avec elle, même si je suis pratiquement certain que l’on ne peut faire marche arrière, le passé doit resté à sa place. Je l’ai vu samedi passé, je n’ai pas osé l’aborder. Je n’ai étonnement rien ressenti, ni joie, ni peine, juste cette sensation bizarre de me trouver dans un autre monde, un monde où nous serions été des étrangers l’un pour l’autre. Alors, avec fatalisme j’en déduit que c’était peut-être mieux ainsi, qu’il faut parfois accepter de perdre pour sa propre évolution, et que dans la vie le bonheur ne peut dépendre que de soi-même !

22 mai 2009

Le droit à l'erreur !

22.05.09 Voiture Ça fait longtemps que je n'ai plus parlé de ma voiture dans mon blog, c'est peut-être la preuve qu'elle semble fonctionner correctement. Vous remarquerez une certaine retenue dans mon enthousiasme, ayant tellement eu de déboires dans le passer, aujourd'hui j'ai encore du mal à croire qu'elle ne va pas me lâcher d'un moment à l'autre. Étant superstitieux de nature, j'ai peut-être aussi peur que mon enthousiasme m'attire la poisse. Alors, d’en parler le moins possible me semble la meilleure méthode pour conjurer le sort, et me faire oublier des influences maléfiques.
Mais ne parlons plus des ennuis techniques de ma voiture, qui maintenant font partie du passé, du moins je le souhaite, ayant à mon avis eu ma part de pluie en ce qui concerne ce domaine. Car le sujet de ce présent billet, n’est pas ma voiture, mais le droit à l'erreur que les gens m'accordent au volant de ma voiture. Depuis que j’ai mon permis de voiture, j'ai le sentiment que la majorité des gens sont septiques en ce qui concerne ma capacité à conduire un véhicule, aussi adapté à mon handicap soit-il. Pour certaines personnes, le fait d'être handicapé ne devrait pas me donner l'accès à ce droit qui pour eux, n’est apparemment réservé qu'aux valides. En affirmant de telles choses, je sais que certains penseront que je suis en proie au syndrome de persécution, étant persuadé à tore que le monde du valide est mon ennemi. Mais je suis bien loin de cette façon de pensée-là, étant conscient qu'une partie non négligeable de la population de valides fait tout pour que la personne handicapée se sente égale à elle. Ces accusations envers certains valides sont malheureusement fondées, parce qu’il ne faut pas aller bien loin pour entendre des médisance, ayant eu vent que des personnes habitants ma rue avaient prétendu que l'on ne devrait pas donner le permis à une personne handicapée. A ceux-là, je ne leur répond rien, car prendre le temps de penser à eux, serait une insulte à mon amour propre.
Cette semaine il m'est arrivé une mésaventure qui m'a fait penser au sujet de ce billet. Ayant malencontreusement touché un trottoir en roulant, ce qui m'a pousser à me rendre au garage pour vérifier si la direction de ma voiture n'avait pas été faussée, je me suis soudain senti honteux et indigne d'avoir le permis de voiture. Et j'ai pensé que si je dévoilerais cette mésaventure à quiconque, toutes ces mauvaises langues se sentiraient fortes dans leur déduction, et que j'alimenterais la fausse rumeur qui prétend que l’on m’a pistonné dans l'octroi de mon permis. Je me pense alors que les gens racontent n'importe quoi, pourvu que ça fasse mal, parce que si ils avaient réfléchi ne serait-ce qu’une seule minute à ces paroles, ils auraient pu s'imaginer que les autorités ne m'auraient pas lâché dans la nature avec une voiture, si j'avais été un danger pour autrui. Pour ma part, je ne dois me justifier à personne, car seul, je sais combien j'ai trimé pour avoir ce permis de conduire !

15 mai 2009

Flirter avec l'échec !

15.05.09 Amoureux En vieillissant, qu’apprend-on de notre fonctionnement en ce qui concerne l’amour ? Pas grand chose, j’en ai bien peur. J’ai bientôt quarante ans et inlassablement je me revois plonger dans mes travers, comme l’adolescent que j’ai été il y a presque vingt-cinq ans. Rien à voir avec le handicap, je pense que si je n’avais pas été dans ce fauteuil roulant, je referais d’année en année les mêmes erreurs, peut-être différemment, parce qu’en ce qui concerne l’amour j’aurais été un peu plus en vaine. Nous recherchons tous un idéal qui finit toujours par nous pousser dans le piège. Certaines personnes, parce qu’elles son dotées d’une aura exceptionnelle ou d’une plastique sans reproche, ne tarderont pas à décrocher le gros lot, et se verront dès le plus jeune âge, évoluer dans une vie amoureuse sans reproche. Ils se marieront dans la vingtaine, auront des enfants, qui plus tard leur feront des petits enfants, puis vieilliront, pour les plus chanceux, toujours en couple, sans ne jamais avoir connu la solitude, avec ce sentiment d’avoir réussi leur vie, du moins, d’avoir tout fait pour qu’elle se passe le mieux possible, avec cette satisfaction d’avoir toujours quelqu’un auprès d’eux qui veillera à ce que la solitude ne vienne jamais envahir leur vie.
Lorsque l’on est un peu moins gâté par la nature - je ne parle pas spécialement de handicap, je parle aussi d’atouts physiques ou intellectuels, ou simplement de cette dose de chance qui n’est tout simplement pas égale pour tout le monde - c’est là que les choses se compliquent. Le monde ne paraît soudain pas aussi simple qu’il l’avait été dans nos prédictions les plus modestes, et à force de vouloir réussir, on finit par prendre le mauvais chemin, par se tromper sans en prendre conscience et toujours retomber dans le même piège, celui qui mène irrémédiablement à l’échec, et à cette double souffrance, celle de l’échec et de ce sentiment de toujours revenir au point de départ, et de ne pas avoir évoluer depuis l’âge de ses vingt ans. L’amour, pour ma part, je le vis dans cette logique-là. Je sais que mon handicap est un obstacle conséquent pour mon accès au sentiment. Mais comme tout le monde, parfois, dans un accès de naïveté, je m’accorde le droit de croire au miracle, et dans l’euphorie du moment, lorsque je rencontre celle qui par miracle, renferme comme un trésor, tous les paramètres nécessaires à faire battre mon coeur d’amour, je tire des plans utopiques, réussissant même à oublier ce fauteuil roulant sur lequel je suis toute la journée assis.
Ce billet n’existerait pas, si aujourd’hui je n’étais pas à nouveau en train de me battre contre un sentiment d’amour pour une personne qui est heureuse dans sa vie maritale, mais qui j’en suis plus que convaincu m’aurait été complémentaire. Je ne vais pas raconter toute l’histoire, juste que je me suis accroché à elle dès notre première rencontre, que j’ai tout fais pour évacuer l’idée de l’aimer sachant qu’elle était mariée, et que plus j’essaie de l’oublier, plus je pense à elle, et plus nos chemins se croisent. Comme si une force divine voulait s’acharner à me rendre la vie compliquée. Tout cela pour constater que je retombe toujours dans mes travers, et sans tenir compte du facteur handicap, je m’entête à nouveau à m’amouracher d’une femme mariée, qui de plus est, à l’air heureuse dans sa vie de couple. J’ai le sentiment qu’en ce qui concerne l’amour, je n’ai rien appris de mes expériences passées, et que je suis resté à l’âge de vingt ans, lorsque tout pouvait encore se réaliser comme dans les rêves. Ma seule et maigre consolation, est celle de me persuader, qu’il est difficile de rencontrer une femme célibataire à mon âge, et qu’une femme de quarante ans qui est heureuse dans sa vie, ne peut être qu’attirante !

08 mai 2009

La Grande Pomme est-elle mon fruit défendu ?

08.05.09 New York La concrétisation de mon rêve de visiter New York se précise de semaine en semaine, tous les éléments se mettent en place, pour la moment, dans une harmonie sans faille, comme si cette instant de ma vie était idéal pour mettre en oeuvre cette aventure. Cette semaine j'ai poser la première pierre d’un chantier projeté depuis bien des décennies déjà, ayant pris le temps de l’étudié sous toutes ses coutures, de peser le pour et le contre, parce que partir si loin lorsque l’on a un handicap n’est pas une chose aussi simple que lorsqu’on est valide. J’ai envisagé ce voyage de si nombreuses fois, qu’à de nombreuses reprises j’ai cru pouvoir le réaliser dans l'année, et que toujours, un détail qui avait malgré tout son importance, venait gripper la machine, et me forçait à remettre mon projet à plus tard. Certaines fois, je passais à autre chose, revenant à de plus modestes projets, j’envisageais la possibilité que peut-être, je n’étais pas fait pour ce genre de voyage. Et puis, un reportage vu à la télévision ou un récit d’un ami qui s’y était rendu, me redonnais l’envie d’y croire, d’espérer, mais comme sur une montagne russe, parce que peut-être je n’avais pas la bonne accompagnatrice sous la main, l’engouement redescendait, pour me faire momentanément oublier ce beau rêve. Alors que j’étais dans une période où j'avais presque cessé d'y croire, aujourd'hui, comme soumis à un électrochoc, je me retrouve devant le fait accompli, cette fois-ci ce n’est plus de la spéculation, je viens de recevoir par courrier recommandé, mon passeport biomètrique, le sésame qui me servira à faire rouler mon fauteuil sur le sol américain, pour enfin voir de mes propres yeux, cette ville mythique que l’on appelle New York. Rien que le fait de prononcer ces deux syllabes me paraît irréel et tellement énorme pour la petite personne que je suis. Si énorme que j'en ai presque peur de réaliser ce projet, car cultivant mon côté superstitieux, j’ai un peu peur à la pensée que parfois, il vaut mieux que certains rêves ne se réalisent pas, doivent-ils garder pour l'éternité cette part de magie, car le rêve est aussi le sel de l'existence.
Alors, dans cette logique qui prétend que l'être humain n'est jamais satisfait de ce qu'il a, je commence à me poser mille questions au sujet de ce nouveau et futur voyage. Vais-je l'apprécier à sa juste valeur ? N'ai-je pas fait l'erreur de trop le rêver, ce qui risque de provoquer une déception chez moi ? L'image que je me suis fait de ce voyage est certainement différente de ce qu'il sera en réalité, et j'ai parfois peur que mes attentes aient été trop ambitieuses. La Grande Pomme n'est-elle pas pour moi, le fruit défendu dans lequel je devrais éviter de croquer ?
Après réflexions, j'ai le sentiment que mon éducation catholique freine mon ardeur et ne fait que de me culpabiliser d'oser être heureux, alors que je devrais prendre les plaisirs de la vie comme des cadeaux. Je devrais arrêter de penser qu'un jour tout doit se payer - comme lorsque j’étais enfant et que mon squelette était tellement faible qu’à chaque moment d’euphorie, je réussissais à me faire mal - et me dire que ce bonheur je l'ai mérité, et que dans cette pomme-là j'ai aussi le droit d'y croquer à pleine dent !

02 mai 2009

Un cochon sur ma route !

02.05.09 Cochon A croire que le destin est contre mes projets. Alors que je me voyais déjà me promener dans les rues de la Grande Pomme, comme je l’avais si souvent rêvé, me pensant que je pouvais enfin me réjouir de partir à New York sans avoir peur d’un retour de manivelle qui viendrait compromettre ce beau projet, me voilà maintenant en proie à mille doutes. Mes vieux démons reviennent me hanter, comme si le projet en question était maudit, comme si c’était écrit que jamais je n’irai à New York. Maintenant que j’avais élucidé les problèmes de passeport, que j’avais trouvé l'accompagnatrice idéale, celle que j’ai attendue depuis passé dix ans, alors que je touche enfin le rêve du bout des doigts, voilà qu’un cochon décide de venir piétiner mes projets et mettre sa grosse carcasse graisseuse sur ma route, freinant la machine bien huilée qu'avait été l'organisation de ces vacances pas comme les autres.
Une pandémie de grippe, c'était le pire truc qui pouvait me tomber dessus, moi qui dois déjà faire attention de ne pas attraper le moindre refroidissement, alors que la moindre goutte au nez me fait paniquer, n'oubliant pas les craintes ainsi que les recommandations de mon médecin, prétendant qu'une pneumonie ne pourrait m'être que fatale. Craintes qui ont pour moi fait retarder bien souvent le projet de partir si loin, de peur de faire des heures d’avion dans lequel je pourrais contracter un virus qui me serait fatal. J'ai en effet tout entrepris pour m'éviter une catastrophe sanitaire personnelle, et pas seulement en ce qui concerne l’avion, je me fais vacciner contre la pneumonie virale ainsi que la grippe régulièrement, je me lave aussi souvent que possible les mains, et pendant les périodes de grippe, j’essaie d’éviter les endroits surpeuplés. Il y a des années, j’ai même réussi arrêter de fumer, ce qui pour moi avait été un véritable exploit.
Mais le rêve est tellement proche de la réalité, qu'après mûres réflexions, je refuse de baisser les bras et de faire comme la majorité des gens, qui cèdent un peu trop facilement à la panique. Je préfère attendre que la situation se détende un peu avant de détruire mon beau projet, Je refuse de tomber dans le piège des médias qui aiment à s'adonner à la dramatisation des événements. Je m’efforce de vivre le quotidien sans penser à la suite, en me disant que tout ira dans la direction qui sera la plus idéale pour moi. Je reste philosophe et m'en remets au destin. Bien que si la situation devait s'aggraver, je garderais ma lucidité et déciderais de tout annuler, car un voyage, même à New York ne vaut pas de risquer ma vie. Mais je suis sûr que le destin sera avec moi, parce qu’il a toujours été avec moi, sauf à la naissance évidement, mais cela est un détail. Détail sans qui ce blog n'existerait pas !

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juillet 2009

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Le livre Coup de coeur !

  • Khaled Hosseini: Les cerfs-volants de Kaboul

    Khaled Hosseini: Les cerfs-volants de Kaboul
    Roman que j'ai découvert au hasard d'une commande sur internet, me fiant aux commentaires des lecteurs qui l'avaient apprécié, et voulant me sortir un peu d'une série de romans policiers que je venais d'avaler à la suite. Très belle histoire qui nous plonge au coeur d'une civilisation Afghane qui pendant des années a subit les affres d'un régime dénué de tous sens. En lisant ce livre, je me suis rappelé au bon souvenir d'une fille afghane qui il y a quelques années, faisait partie de mon monde.

L'album coup de coeur !

  • Radiohead -

    Radiohead: In Rainbows
    Le dernier album de Radiohead. Encore un chef d'œuvre comme le groupe sait le faire depuis des années maintenant. En attendant cet album, Thom Yorke nous avait déjà concocté un album solo de grande qualité et qui avait prouvé un véritable talent dans ce genre de musique. Ce dernier album est peut-être un peu moins psychédélique et plus calme, mais n'en perd pas de sa qualité.

3 livres à lire !

3 albums à écouter !

  • DJ Ravin -

    DJ Ravin: Buddha Bar VI
    A écouter d'urgence ! Toute la collection qui comptes 9 compilations est magnifique, mais pas toutes mixées par DJ Ravin. En ce qui me concerne, ma préférée est la compilation VI !

  • Stéphane Pompougnac -

    Stéphane Pompougnac: Hotel Costes, Vol. 8
    Je ne connais que les volumes 6, 8 et 9, sympathique à écouter en voiture ou sur son mp3 lors de longues balades. Dans la même logique que le Buddha Bar mais certainement moins exotique, plus métropolitain dirait-on. Pour ma part le volume 8 est mon préféré !

  • Dire Straits -

    Dire Straits: Love Over Gold
    Fan incontesté, le groupe a baigné mon adolescence et la guitare de Mark Knopfler continue à me faire rêver, autant aussi dans ses albums solos. "Love over gold" mon album préféré !

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